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LA TENDRESSE DEL PRESIDENTE
Palabras para Mariana
Notre fille, Madame, vient davoir 18 ans.
Cette petite puce rencontrée en août
1986 à Ibagué est devenue majeure.
Attends, jy crois pas !
Te voilà adulte, Mariana. Si tu savais
tout ce passé qui me revient en mémoire.
Notre rencontre, bien sûr. Lémotion,
les découvertes de tous les instants. Les
appréhensions devant les nouvelles expériences
que nous te proposions. Et la joie de te voir
les surmonter dans de grands éclats de
rire. Et cette première année aussi
où, nuit après nuit, tu es venue
comme un petit chat, sans bruit, sans un mot,
au chevet de notre lit, attendant quAnnie
te ramène dans le tien, comme si tu avais
besoin de tassurer que nous ne tabandonnerions
jamais.
Cette (trop grande ?) facilité avec
laquelle tu tes adaptée à
toutes les situations de la vie de famille. Tes
câlins de petite fille tendre et joyeuse,
tes colères et ta brusquerie de jeune adolescente.
Tes rires et tes larmes. Je nai rien oublié,
parce quun père ne peut rien oublier
de sa fille. Jamais notre tendresse à ton
égard na faibli, jamais notre amour
na été remis en question,
même dans les moments de tempête.
Plutôt quun roman familial, jaimerais
toffrir un poème. Un poème
de José Augustín Goytisolo, que
jécoutais il y a bien longtemps dans
la version chantée par Paco Ibañez,
en me disant « Voilà
ce que jaimerais un jour pouvoir dire à
ma fille », avant même
de te connaître. Alors pour toi, mais aussi
pour toutes les jeunes filles à qui leur
père a eu envie de dire son amour ,
espérant quelles se rappelleront
toujours de ce quun jour il a écrit
en pensant à elles comme jy pense
maintenant, voici « Palabras para Julia »
(les esthètes de la poésie voudront
bien me pardonner ma traduction).
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Tú
no puedes volver atrás
porque la vida ya te empuja
como un aullido interminable
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Tu
ne peux pas revenir en arrière
car la vie te pousse
comme un hurlement interminable
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Hija
mía es mejor vivir
con la alegría de los hombres
que llorar ante un muro ciego
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Ma
fille, il vaut mieux vivre
avec la joie des hommes
que pleurer contre une muraille aveugle |
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Te
sentirás acorralada
te sentiras perdida y sola
tal vez querrás no haber nacido.
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Tu
te sentiras traquée
tu te sentiras perdue et esseulée
à tel point que tu regretteras
d'être née |
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Yo
sé muy bien que te dirán
que la vida no tiene objeto
que es un asunto desgraciado.
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Je
sais bien qu'on te dira
que la vie ne sert à rien
que c'est un sujet sans grâce |
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Entonces
siempre acuérdate
de lo que un día yo escribí
pensando en tí como ahora pienso
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Alors
rappelle-toi toujours
de ce que j'ai écrit un jour
en pensant à toi comme j'y pense
maintenant |
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Un
hombre sólo una mujer
así tomados de uno en uno
son como polvo no son nada.
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Un
homme seul, une femme
s'ils sont considérés
individuellement
sont comme de la poussière, ils
ne sont rien |
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Pero
cuando yo te hablo a tí
cuando te escribo estas palabras
pienso también en otros hombres.
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Mais
quand je te parle
quand je t'écris ces mots
je pense aussi aux autres hommes |
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Tu
destino está en los demás
tu futuro es tu propia vida
tu dignidad es la de todos.
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Ton
destin, ce sont les autres
ton avenir, c'est ta propre vie
ta dignité, c'est celle de tous |
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Otros
esperan que resistas
que les ayude tu alegría
tu canción entre sus canciones.
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D'autres
attendent que tu résistes
que ta joie les aide
que ta chanson se mêle aux leurs |
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Entonces
siempre acuérdate
de lo que un día yo escribí
pensando en tí como ahora pienso
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Alors
rappelle-toi toujours
de ce que j'ai écrit un jour
en pensant à toi comme j'y pense
maintenant |
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Nunca
te entregues ni te apartes
junto al camino nunca digas
no puedo más y aquí
me quedo.
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Ne
te rends jamais, ni ne t'écarte
Sur ton chemin, ne dis jamais
je n'en puis plus et je m'arrête
ici. |
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La
vida es bella ya verás
como a pesar de los pesares
tendrás amor tendrás
amigos
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La
vie est belle, tu verras
En dépit des soucis
tu auras de lamour, tu auras des
amis |
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Por
lo demás no hay elección
y este mundo tal como es
será todo tu patrimonio.
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En
outre, il n'y a pas de choix
et ce monde tel qu'il est
constituera ton patrimoine |
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Perdóname
no sé decirte
nada más pero tú comprende
que yo aún estoy en el camino.
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Pardonnes-moi,
je ne sais rien te dire
de plus mais que tu comprennes
que je suis avec toi sur ta route |
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Y
siempre acuérdate
de lo que un día yo escribí
pensando en tí como ahora pienso
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Et
toujours rappelle-toi
de ce qu'un jour j'ai écrit
en pensant à toi comme j'y pense
maintenant |
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Ta route est longue encore. A pesar de los pesares,
quelle soit belle, jalonnée damis,
de tendresse et damour. Et peut-être
my laisseras-tu encore taccompagner
un bout de chemin, partager tes joies et apaiser
tes désespoirs.
Désolé, mes amis, cet éditorial
ne vous est - pour une fois - pas directement
destiné. Mais je vous permets de lire par
dessus mon épaule, parce quil sagit
dune histoire simple qui vous concerne
autant que moi. Lhistoire dun père
et de sa fille. Une histoire damour.
¡ Qué esten bien !
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© Bernard Tomianka, 2002
Président de lASSOCIATION DES PARENTS
ADOPTIFS D'ENFANTS COLOMBIENS
Association créée en 1981
http://apaec.fr.st
Si ce texte peut aujourd'hui
être publié ici, c'est grâce
à l'amitié de Bernard, et aux liens
tissés avec lui au sein de la Confédération
européenne Enfance Adoption Accueil. Merci
Bernard pour nous avoir offert cette tranche de
vie. Allez sur le site de l'APAEC, cela en vaut
la peine.
Denis Lépine.
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