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A propos d'éthique
L'une des vocations d'@dopte.ch, et c'est sans doute l'une
des plus importantes, consiste à promouvoir une éthique
de l'adoption. Comment en effet pourrait-on
entamer une procédure d'adoption si l'on ne respecte pas
une rigueur absolue dans celle-ci.
Notre éthique de parents, c'est en premier lieu de ne
jamais oublier que si tout enfant
a droit à une famille, aucune famille ne détient de droit
à l'enfant. Elle ne peut que désirer cet enfant.Ce
désir est parfois si fort, si violent qu'il peut entraîner
ceux qui le vivent à oublier l'intérêt supérieur de l'enfant
et à ne plus respecter cette éthique. L'adoption, et dans
certains pays où cette forme d'aide à l'enfance en détresse
est plus répandue qu'en Suisse, l'accueil, exigent de
savoir à chaque instant de demeurer humble et respectueux
du droit de l'enfant.
Cette éthique, c'est ensuite celle des exigences
légales. Adopter est d'abord un engagement
pris vis à vis d'un être humain que l'on doit, à tout
instant de sa vie pouvoir regarder en face, avec une franchise
absolue, celle que l'on sait avoir vis à vis de son conjoint
, de ses meilleurs amis. Cet engagement obéit à un certain
nombre de lois, que l'on se doit de respecter à la lettre,
dans notre pays bien-sûr, et a fortiori dans le pays d'origine
de notre futur enfant. Nous vous l'accordons, certaines
exigences légales peuvent nous sembler vaines, voire injustes.
A nous, le cas échéant, de nous mobiliser pour les faire
évoluer, en expliquant aux juristes qui sont avant tout
des techniciens, ce qu'est la réalité de l'adoption et
en les aidant, au besoin, à en saisir la substance. Le
respect de la loi, au même titre que le vécu préalable
de notre enfant, est à la base de l'histoire de celui-ci,
et cette histoire il faudra un jour pouvoir la lui raconter,
sans qu'elle ne comporte aucune zone d'ombre.
Pour nous parents, il y aura aussi ce que nous appellerons
l'éthique de la patience,
celle que l'on se doit d'avoir à chaque instant de la
procédure, et qui consiste, même si parfois ce n'est pas
facile, à respecter le travail de l'autre, qu'il s'agisse
de l'évaluateur, de l'intermédiaire (oeuvre d'adoption),
du représentant de la compagnie aérienne qui vous permettra
la rencontre avec votre enfant, des magistrats, des responsables
d'orphelinats, des traducteurs et de tout ceux qui, à
un moment ou à un autre, interviendront dans le
processus qui amène l'enfant vers ses futurs parents.
Respecter l'autre, c'est se respecter soi-même, et surtout
respecter son enfant. Là aussi, l'éthique permet et commande,
pour notre enfant, la rigueur. Rigueur ne veut cependant
pas dire obéissance irréfléchie, mais critique constructive
si besoin est. La promotion de l'adoption dans les pays
d'origine de nos enfants peut constituer l'une de ces
démarches.
L'adoption, qu'elle ait lieu par
le biais d'un intermédiaire ou qu'elle soit indépendante,
prête hélas trop souvent le flanc à une critique
manquant parfois d'objectivité. A
nous parents et futurs parents, de montrer par notre
éthique rigoureuse, combien notre unique préoccupation
est le bien de l'enfant.
Denis Lépine, Janvier 2002
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